À PROPOS
Les bureaux administratifs de la BMPU au quartier latin de Montréal.
À PROPOS DE L'OEUVRE

 

Si l'art est vraiment création, pourquoi ne créerait-il pas le musée qui l’héberge, le conservateur qui l'adore et l'illustre carrière qui facilite sa diffusion à travers le monde?

La Biennale métafictionnelle de la photographie à Uqbar est une œuvre de réalisme magique. Il s’agit d’une œuvre html, en perpétuelle évolution, représentant une collection de musées. Originalement inspiré par la thématique 2015 du Mois de la photo à Montréal, ce projet est né en contemplant la notion de « post-photographie », telle qu’elle a été postulée par Joan Fontcuberta.

 

Au départ, nous avons été attirés par le paradoxe de la mise en abime implicite dans l'idée de «l'art qui représente le musée». Mais en commençant à créer les œuvres d'art pour les murs d’un musée imaginaire, nous avons perçu le plein potentiel de ce terrain de jeu, richement exploitable. La création des photographes et de leurs œuvres permettait non seulement d'explorer la photographie contemporaine, avec ses questions ontologiques toujours fascinantes, mais aussi de la réinventer. La réinvention des œuvres contemporaines et historiques sous forme de pastiche a facilité l'accès aux thèmes et aux idées du langage photographique ; elle a fourni aussi des points de référence pour le spectateur qui peut ainsi les utiliser pour mesurer et qualifier les distorsions proposées par la lentille d’Uqbar.

 

À PROPOS D’UQBAR

 

Borges affirmait devoir la découverte de Uqbar à la conjonction d’un miroir et d’une encyclopédie. Le miroir, écrivait-il, troublait la profondeur d’un corridor; l’encyclopédie trompeusement intitulée l'Anglo-American Cyclopaedia (New York, 1917) était en fait, une réimpression littérale et délinquante de l’Encyclopaedia Britannica de 1902. Une citation presque oubliée, …les miroirs et la copulation sont abominables parce qu’elles multiplient le nombre des hommes… attribuée à l’hérésiarque de Uqbar, a été par la suite corrigée pour avancer que…l’univers visible était une illusion ou (plus précisément) un sophisme. Les miroirs et la paternité sont abominables parce qu’ils le multiplient et le divulguent. La Biennale métafictionnelle de la photographie à Uqbar est une pareille abomination, justement parce que c’est aussi une réimpression délinquante et délibérément littérale de l'histoire de la photographie et du monde qui s'y miroite.

 

La Biennale métafictionnelle de la photographie à Uqbar habite exclusivement dans le cyberspace, la plus formidable salle de miroirs qui soit. Judicieusement décrite comme toile, réseau ou matrice, les constellations arborescentes d’internet tissent, en une immédiate et constante régénération, une réflexion du monde tel que rêvée par l’homme. L’univers cybernétique est une projection d’interactions mutuellement pré-concédées. Nous croyons que le cyberespace pourrait possiblement retourner l’humanité aux temps de la cité abandonnée de Babel, au moment où elle eut l’audace de construire la grande tour, … dont le faîte peut toucher au paradis … et alors, comme Dieu l’a craint un jour, …rien de ce qu’ils pourront imaginer faire, ne leur sera interdit.

 

 

Antonino Paraggi

 

Directeur et fondateur,

Biennale métafictionnelle

de la photographie à Uqbar

CORRESPONDANCE

 

info@uqbar.ca